• Persépolis, capitale de l'Empire Achéménide, Iran 2018

    Inscrit au patrimoine de l'Unesco en 1979

    Visité le 27 juin 2018

    Persépolis, dont les magnifiques ruines s’étendent au pied du Kuh-e Rahmat (montagne de la Grâce) au sud-ouest de l’Iran, est l’un des plus grands sites archéologiques au monde.

    Reconnu comme étant le joyau des réalisations achéménides dans les domaines de l’architecture, de la planification urbaine, de la technologie de la construction et de l’art, la cité royale de Persépolis figure parmi les sites archéologiques sans équivalent au monde et atteste de façon unique d’une des plus anciennes civilisations de la planète. La construction de l’immense terrasse de la cité a été initiée en 518 av. J.-C. par Darius le Grand, le roi de l’empire achéménide. Sur cette terrasse, les rois qui se sont succédé ont érigé une série de bâtiments palatiaux exceptionnels d’un point de vue architectural, parmi ceux-ci, on citera l’imposant palais de l’Apadana et la salle du trône, la salle aux cent colonnes.

    Inspirés par des modèles mésopotamiens, les rois achéménides Darius Ier (522-486 av. J.-C.), son fils Xerxès Ier (486-465 av. J.-C.) et son petit-fils Artaxerxès Ier (465-424 av. J.-C.) ont construit un splendide ensemble palatial sur une immense terrasse mi-naturelle, mi-artificielle. Cet ensemble de 13 hectares, d’un abord majestueux avec ses escaliers monumentaux, ses salles du trône (apadana) ses salles de réception et ses dépendances, compte au nombre des plus importants sites archéologiques au monde.

    La terrasse est une création architecturale grandiose, avec la double volée de marches qui y mène, ses murs couverts de frises sculptées à différents niveaux, ses propylaea cantonnés à la mode assyrienne (porte monumentale), ses taureaux ailés gigantesques et les vestiges d’immenses salles. Les colonnes étaient surmontées de chapiteaux élaborés et typiques sur lesquels, reposant sur des volutes doubles, deux avant-trains de taureaux agenouillés, dos à dos, tendent leurs nuques accolées et leurs têtes jumelles directement sous l'entrecroisement des poutres du plafond.

    Bien que conçu principalement comme un lieu d'ostentation et un théâtre impressionnant pour les réceptions et les fêtes des rois et de leur empire, Persépolis fut aussi le siège du gouvernement de l’Empire achéménide. Comme l’aurait souhaité son fondateur Darius, la terrasse de Persépolis demeure à ce jour l’image même de la monarchie achéménide, le lieu où les portraits du roi réapparaissent sans cesse, ici sous les traits de celui qui a triomphé d’un monstre, là porté sur son trône par l’ennemi bafoué, et où la très longue cohorte de guerriers et de gardes sculptés, de dignitaires et de sujets venus lui rendre hommage défilent sans fin.

    Persépolis a également été le lieu des fêtes du Nouvel an iranien, qui a lieu lors de l’équinoxe de printemps, symbolisant la victoire tant attendue du printemps sur l’hiver, de la lumière sur les ténèbres, la renaissance du monde et le retour de l’harmonie perdue. Les Achéménides célébraient les fêtes religieuses de Norouz ("nouveau jour") à Persépolis, et c’est dans ses temples que lors des rituels de la fête, ils pouvaient interpréter à partir de signes mystérieux les augures de toute l’année. L’importance de ce complexe en tant que lieu liturgique est telle qu’on estime que chaque bâtiment a peut-être été construit selon une signification rituelle et festive précise.

    En outre, une hypothèse existe selon laquelle la ville aurait été une sorte d’observatoire astronomique où l’on calculait les solstices et les équinoxes, et où l’on étudiait les mouvements des corps célestes. Si ces hypothèses sont correctes, Persépolis peut être considérée comme la capitale religieuse de la Perse, son sanctuaire spirituel. Ni Suse ni Ecbatane ni Babylone ne pouvaient revendiquer le titre de capitale religieuse, les rites religieux ayant été soigneusement préservés par les Achéménides d’un mélange avec les traditions des autres peuples du plateau iranien.

    Au contraire d'autres constructions monumentales antiques grecques ou romaines, la construction de Persépolis ne doit rien à l’esclavage. Elle est entièrement assurée par des ouvriers venant de tous les pays de l’Empire : Babylonie, Carie, Ionie, ou Égypte.

     

    Pour en voir plus : http://whc.unesco.org/fr/list/114https://fr.wikipedia.org/wiki/Pers%C3%A9polis ; 

    http://www.teheran.ir/spip.php?article2064#gsc.tab=0

     

    SOMMAIRE

    Entrée dans Persépolis par le porte de toutes les nations, Iran

    Le palais des cent colonnes et la garnison, Persépolis

    L'escalier monumental est de l'Apadana, Persépolis

    L'Apadana ou salle d'audience de Darius Ier, Persépolis

    Le Tachara ou palais de Darius et le Hadish ou palais de Xerxès, Persepolis

    Chronologie de Persépolis sous l'empire Achéménide

     

    Pour une visite du musée de Persépolis :

    http://steevephoto3.eklablog.com/le-musee-de-persepolis 

     

    Dans la même thématique vous pouvez allez voir cette article sur le palais de Darius Ier à Suse au musée du Louvre :  

    http://steevephoto3.eklablog.com/le-louvre-le-palais-de-darius-ier-suse-a118377844 

     

    Persépolis, capitale de l'Empire Achéménide, Iran 2018Vue panoramique partielle de Persépolis de la montagne Kuh-e Rahmat.

    Persépolis, capitale de l'Empire Achéménide, Iran 2018Lamassus de la Porte des nations accès est

  •  

    - 550 av. J.-C. :  Cyrus II avec les Mèdes fonde l'Empire perse, qui s'étendra à tout le Moyen-Orient, de la mer Égée à l'Inde, de l'Égypte à l'Afghanistan. Naissance de Darius Ier

    - 521 av. J.-C. : Darius devient le 4e Grand Roi achéménide 

    - 521 av. J.-C. : Début de la construction de Persépolis sur ordre de Darius Ier

                  Période 1 : -518 à -490 av. J.-C. : construction

                               - de la terrasse,

                               - de l'apadana : palais et escalier est (début en -515 av. J.-C.)

                               - du Trésor 

    - 518 : la Voie royale de 2 683 km est construite à travers l'Empire perse.

    - 490 : les Perses du roi Darius sont battus par une coalition de Grecs à Marathon ; c'est l'épisode le plus marquant de la Première Guerre médique.

    - 486 av. J.-C. : Xerxès Ier devient le 5e Grand Roi achéménide à la mort de Darius Ier la même année 

                  Période 2 : -490 à -480 av. J.-C. : construction

                                 - du Tachara,

                                 - de l'escalier de Persépolis,

                                 - de la porte de toutes les nations

                                 - escalier nord de l'Apadana    

                  Période 3 : -480 à -470 av. J.-C. : construction

                                 - du Hadish

                                 - du Gynécée

                                 - du Tripylon

                                 - palais D

    - 480 : au cours de la 2e Guerre médique les Grecs défont la marine perse à Salamine. 

    - 465 av. J.-C. : Artaxerxès devient le 6e Grand Roi achéménide à la mort de Xerxès Ier qui est       assassiné

                   Période 4 : -470 à -424 construction  

                                 - du palais des 100 colonnes

                                        - du palais d'Artaxerxès Ier

                                 - de la garnison

    - 424 av. J.-C. : Xerxès II devient le 7e Grand Roi achéménide à la mort d'Artaxerxès 

     

                   Période 5 : construction

                                 - Tombe d’Artaxerxès II

                                 - Palais d’Artaxerxès III

                                 - Salle des 32 colonnes

                                 - Tombe d’Artaxerxès III

                                 - Allée des processions

                                 - Porte inachevée

                                 - Tombe inachevée

     

    - 404 av. J.-C. : l'Égypte devient de la Perse.

    - 401 av. J.-C. : mort de Cyrus le Jeune, révolté contre Artaxerxès II.  

    - 338 av. J.-C. : Artaxerxès III empoisonné par Bagoas 

    - 333 av. J.-C. : Alexandre le Grand défait le roi perse Darius III Codoman à la bataille d'Issos.

     

    - 331 av. J.-C. : Alexandre le Grand défait le roi perse Darius III à la bataille de Gaugamèles.

    - 331 av. J.-C. : Prise et destruction partielle de Persépolis par Alexandre le Grand

    - 330 av. J.-C. : Mort de Darius III qui est assassiné 

    - 323 av. J.-C. : Mort d'Alexandre le Grand à Babylone


    votre commentaire
  • Inscrit au patrimoine de l'Unesco en 1979

    Visité le 27 juin 2018 

     

    Tachara, ou palais de Darius Ier

    Ainsi nommé par une inscription située sur un montant de sa porte sud, le Tachara, ou palais de Darius, est situé au sud de l’Apadana. L’entrée du palais se faisait initialement de ce côté par un double escalier. Construit par Darius Ier, le palais est achevé par Xerxès Ier qui l’étend, puis par Artaxerxès III (r. 359 - 338 av. J.-C.) qui y ajoute un second escalier à l’ouest. Cette nouvelle entrée crée une asymétrie inédite. Des palais privés de persépolis, celui de Darius  est le mieux conservé.

    L’entrée du palais se fait par une salle, via une porte où un relief représente des gardes. Cette salle est suivie d’une autre porte ouvrant dans le hall principal, sur laquelle se trouve un relief représentant le roi combattant le mal sous la forme d’un animal. Ce thème est également décliné sur d’autres portes du palais, dans le Palais des 100 colonnes, et dans le harem. 

    Une porte ouvre dans la salle de bain royale. Elle est ornée d’un relief montrant un roi apprêté pour une cérémonie et suivi de deux serviteurs tenant une ombrelle et un chasse-mouches. Le roi est couronné, vêtu d’une riche parure agrémentée de pierres et pièces précieuses. Il porte également des bracelets, et des bijoux sont accrochés à sa barbe tressée. Un autre relief montre probablement un eunuque, seule représentation imberbe du site. Il porte une bouteille d’onguent et une serviette. La circulation d’eau était assurée par un canal couvert au sol passant au milieu de la pièce. Des inscriptions gravées datant de la période islamique peuvent être vues sur des montants de porte du palais.

    Le palais comporte également deux autres petites salles situées sur ses flancs. Le portique sud ouvre dans une cour bordée par les autres palais. Sur chaque linteau des portes et fenêtres est gravée une curieuse inscription : « fenêtre en pierre faite dans la maison de Darius ».

    Le nom de Tachara provient d'une inscription cunéiforme trilingue sur chaque montant du portique sud :

    « Darius le grand roi, le roi des rois, le roi des peuples, le fils de Vistaspa, l'Achéménide, qui a fait ce Tachara ».

    Cependant, il est douteux que ce mot, dont la signification exacte reste inconnue, désigne le bâtiment lui-même : on a en effet retrouvé des bases de colonnes en d'autres endroits de Persépolis portant des inscriptions de Xerxès et mentionnant ce mot :

    « Je suis Xerxès, le grand roi, le roi des rois, le roi des peuples, le roi sur cette terre, le fils du roi Darius, l'Achéménide. » Le roi Xerxès déclare : « J'ai fait ce Tachara. ».

     

    Persépolis, Iran

    Persépolis, IranCôté nord du Tachara

    Persépolis, Iran

    Persépolis, IranRoi combattant le mal représenté sous la forme d’un animal.

    Persépolis, Iran

    Persépolis, IranLes écoinçons de l’escalier sud présente des symboles de Norouz (nouvel an perse le 1er jour du printemps) : lion dévorant un taureau. Les parties ascendantes représentent des Mèdes, reconnaissable à l'acinace et au bonnet rond, et Arachosiens apportant animaux, jarres et outres. Il s’agit probablement de prêtres venant de lieux saints zoroastriens tels le lac d'Orumieh en Médie et le lac Helmand en Arachosie, et qui portent le nécessaire pour des cérémonies. 

    Persépolis, IranBas-relief de Ahourâ Mazdâ, du vieux-perse Auramazdâ, « Seigneur de la Sagesse », en persan اهورامزدا, est la divinité centrale de l'ancienne religion mazdéenne.

    Dans les inscriptions de Darius Ier, il est désigné comme « le plus grand des dieux » et est généralement invoqué seul. Il est considéré comme la source du pouvoir royal. Les Perses et les Grecs l'assimilent parfois à Zeus : ainsi, le « char sacré de Zeus » évoqué par Hérodote, Xénophon ou encore Quinte-Curce est en réalité consacré à Ahourâ Mazdâ.

    Persépolis, IranLe panneau central montre deux groupes de neuf gardes et trois panneaux portant une inscription trilingue de Xerxès II indiquant que ce palais a été bâti par son père

    Le Tachara, PersépolisZoom sur la partie centrale du panneau central de la photo précédente. 

    Persépolis, Iran

     

     

    Le Hadish ou palais de Xerxès I (-486-465)

    Le Hadish est un palais bâti sur un plan similaire au Tachara mais deux fois plus grand. Il ne reste que quleques bas reliefs sur des jambages de portes représentant surtout le roi sous un dais, symbole du ciel, accompagné de deux serviteurs. 

    Son hall central comportait 36 colonnes de pierre et de bois dont il ne reste plus rien. Il est entouré à l’est et à l’ouest par des petites chambres et couloirs, dont les portes présentent également des reliefs sculptés. La partie sud du palais est composée d’appartements dont la fonction est controversée : un temps décrits comme servant à la reine, ils sont plutôt considérés comme des magasins ou annexes du Trésor. L'accès au Hadish se fait par un escalier monumental à l'est, à double volées divergentes puis convergentes, et un escalier plus petit à volées convergentes à l'ouest ; les deux présentent le même décor que l'escalier sud du Tachara : taureaux et lions, gardes perses, disque ailé et sphinx.

    Hadish est un mot vieux-persan figurant sur une inscription trilingue en quatre exemplaires, sur le portique et l'escalier, signifiant « palais ».

    Hadish, Persépolis

    Persépolis, Iran                           Processions royales représentant Xerxès Ier accompagné de serviteurs l’abritant sous une ombrelle.

     

    Hadish, PersépolisFravahr : représentation symbolique d'origine achéménide, interprétée ainsi par les zoroastriens modernes : un homme (symbole de l'âme et de l'esprit) est debout. Il lève la main en signe de prière et tient un anneau qui concrétise la promesse de faire le bien. Il est flanqué de deux ailes divisées en trois registres symbolisant la pensée, la parole et l'action. Il sort d'un cercle, symbole d'un passage du mal au bien et d'une ascension vers le Divin. La partie inférieur du corps représente le mal et les deux protubérances qui l'encadrent sont sont la dualité du bien et du mal.     

    Le Palais d'Artaxerxès

    Un palais semble avoir été construit dans l’angle sud-ouest de la Terrasse, appartenant à Artaxerxès Ier. Les ruines qui y sont observées ne correspondent pas à ce palais, mais à une construction résidentielle post-achéménide appelée Palais H. Des sculptures représentant des cornes ont été disposées près du mur de la Terrasse, dont on ne connaît pas la fonction.

    Palais d'Artaxerxès, PersépolisBas de la façade nord du Palais 

     

    Le Trésor de Persépolis

    Construit par Darius le Grand, il s’agit d’une série de salles hypostyles située dans l’angle sud-est de la Terrasse, qui s’étendent sur une surface de 10 000 m2. Le trésor comprend deux salles plus importantes dont le toit était supporté respectivement par 100 et 99 colonnes de bois. Des tablettes de bois et d’argile y ont été retrouvées, qui détaillent le montant des salaires et avantages payés aux ouvriers ayant construit le site.

    D’après Plutarque, 10 000 mules et 5 000 chameaux auraient été nécessaires à Alexandre le Grand pour l’acheminement du trésor de Persépolis. D’après certaines tablettes, 1 348 personnes travaillent au Trésor en 467 av. J.-C.

    Le Trésor est plusieurs fois reconstruit et modifié. Plusieurs inscriptions y ont été retrouvées sur des blocs massifs de diorite, mentionnant le roi Darius. 

    Le Trésor, PersépolisLe Trésor avec en arrière plan le Musée actuel de Persépolis, qui était sous les perses une partie du gynécée (appartement des femmes).

    Il n’est pas certain que le gynécée ait pu être un lieu de résidence des femmes. Selon certains, la section centrale aurait pu être destinée à la reine et à sa suite. D’autres pensent que les femmes résidaient à l’extérieur des murs. La fonction du bâtiment reste donc controversée.


    votre commentaire
  • Inscrit au patrimoine de l'Unesco en 1979

    Visité le 27 juin 2018 

    L'Apadana ou salle d’audience de Darius

    Commencé par Darius Ier et terminé par Xerxès Ier, l’Apadana, salle du trône dans les palais achéménides, est le principal édifice officiel de Persépolis. La date du début de son érection serait 515 av. J.-C., selon deux tablettes d’or et d’argent retrouvées dans des coffres de pierre insérés dans les fondations. Darius y a fait graver son nom et le détail de son empire. 

    L’Apadana est avec le Palais des 100 colonnes, la plus grande et la plus complexe des constructions monumentales de Persépolis. Il se trouve au centre de la partie ouest de la Terrasse. Placé sur un haut niveau, il est accessible par deux escaliers monumentaux en double rampes symétriques et parallèles, qui flanquent le soubassement des côtés nord et est.

    Le palais a un plan carré de 60,5 m de côté. Il comporte 72 colonnes mesurant près de 20 m de haut dont 13 sont encore debout. Témoignant de l'influence ionienne, ces colonnes présentent le même diamètre et une hauteur proche de celles du temple d’Héra à Samos, en outre, elles présentent des cannelures similaires.

    Les plans initiaux du palais sont plus simples : l’escalier de Persépolis et la Porte de toutes les nations ayant été ultérieurement construits, un accès au palais par le nord devient nécessaire. Cela explique l’ajout d'un escalier sur le flanc nord du soubassement. La partie centrale, une grande salle hypostyle de forme carrée, comporte 36 colonnes ordonnées en six rangées. Elle est entourée à l’ouest, au nord, et à l’est, par trois portiques rectangulaires portés chacun par douze colonnes ordonnées en deux rangées. La partie sud consiste en une série de petites salles, et s’ouvre sur le palais de Darius, le Tachara. Les coins étaient occupés par quatre tours assurant le contreventement efficace des espaces aériens du palais.

    Le plafond était soutenu par des poutres reposant sur des protomés de taureaux et de lions. Des poutres transversales étaient également posées directement sur les têtes, stabilisées par les oreilles ou les cornes de l’animal sculpté. L’ensemble était calfaté et recouvert par une couche de mortier de boue séchée. Les poutres étaient en chêne, en ébène, et en cèdre du Liban. L’utilisation de toitures légères en cèdre s'ajoutant aux techniques des colonnades ioniennes permettent la libération d'un espace important. La stylisation du pelage montre une volonté de s’affranchir du réalisme pour des animaux emblématiques.

    L’ensemble était richement peint. Couverts d’une couche de stuc dont on a retrouvé des fragments, les murs étaient également ornés de tentures brodées d’or, carrelés de céramiques, et décorés de peintures représentant des lions, taureaux, fleurs et plantes. Les portes de bois et les poutres portaient également des plaques d’or, des inclusions d’ivoire et de métaux précieux. Les ornements des chapiteaux de colonnes diffèrent selon leur position : taureaux pour les colonnes du hall central et du portique nord, autres figures animales pour les portiques est et ouest.

     

    Persépolis, Iran

    Persépolis, IranPorte ouest du Palais des 100 colonnes menant à l'Apadana, roi combattant le mal. 

    L'Apadana :

    L’escalier nord a été ajouté par Xerxès Ier (-486 -465 av. J.-C.) afin de faciliter l’accès à l’Apadana à partir de la Porte de toutes les nations. Les reliefs de cet escalier déclinent les mêmes thèmes que ceux de l’escalier est mais sont plus dégradés.

    Persépolis, Iran Gardes mèdes, avec l'acinace (type de poignard ou de dague d'origine scythe, emprunté par les Perses, qui l'ont popularisé au premier millénaire av. J.-C.) au côté, et perses vêtus d’une longue robe drapée.

    Persépolis, IranDétail garde perse portant une coiffe cannelée

    Persépolis, IranDétail garde mède coiffé d'un bonnet rond

    Persépolis, Iran Reliefs symbolisant le nouvel an : un lion dévorant un taureau. Relief que l'on retrouve sur les triangles et panneau central des escaliers.

    Persépolis, Iran

    Persépolis, Iran

    Persépolis, IranLes multiples inscriptions royales persépolitaines cunéiformes sont rédigées en vieux-persan, babylonien, ou élamite et gravées à divers endroits du site.

    L'Apadana, PersépolisColonnes de l'Apadana

    L'Apadana, PersépolisTête de lion


    votre commentaire
  • Inscrit au patrimoine de l'Unesco en 1979

    Visité le 27 juin 2018 

    Recouvert par les débris du toit incendié de l'Apadana, l’escalier est a été remarquablement préservé. Il se divise en trois panneaux, nord central et sud, et en triangles sous les marches.

    L’escalier comporte de multiples symboles de fertilité : germes et fleurs de grenade, rangs séparés par des fleurs à douze pétales, ou arbres et graines décorant les triangles. Les arbres, pins et palmettes, symbolisent les jardins du palais. Les panneaux portent des inscriptions indiquant que Darius a construit le palais, que Xerxès l’a complété et a demandé à Ahuramazda de protéger le pays de la famine, de la félonie, et des tremblements de terre.

    Les personnages des reliefs observent un port altier. Les caractères ethniques sont méticuleusement reportés, et les détails sont ouvragés avec finesse : pelages, barbes, cheveux sont ainsi représentés en petites bouclettes, vêtements et animaux sont caractérisés avec minutie. L’examen de scènes non finies plaide pour une organisation postée du travail, faisant appel à une spécialisation de l’ouvrier (visages, coiffures, parures).

    Les artistes et ouvriers qui ont participé à la construction ne disposaient d’aucune liberté de création : ils devaient suivre de façon rigoureuse les orientations fournies par les conseillers du roi.

    Initialement polychromes, les frises répondaient aux impératifs fixés par le souverain : mise en valeur de l’ordre et de la rigueur. Ces caractères entraînent un statisme des représentations faisant penser aux orthostates des palais assyriens. La distribution par registres en rangs définis, la raideur des sujets évoquent l’influence du style ionien sévère. 

    Les triangles sont occupés par des reliefs symbolisant le nouvel an : un lion dévorant un taureau. L’équinoxe de printemps montre un ciel où la constellation du Lion est au zénith, tandis que celle du Taureau disparaît à l’horizon sud. Norouz marque donc le début de l’activité agricole après l’hiver.

    La signification du panneau central est religieuse. Il montre Ahuramazda gardé par deux griffons à têtes humaines, surplombant quatre gardes perses et mèdes. Les Perses tiennent de la main gauche un bouclier rond typique, les sagaies sont tenues de la main droite. Comme sur les autres reliefs du site, les gardes perses sont vêtus d’une longue robe drapée, et portent des coiffes cannelées. Les Mèdes portent des manteaux courts et des pantalons, et sont coiffés de bonnets ronds ou plissés, avec parfois une queue.

     

    Le panneau nord montre la réception de Perses et de Mèdes :

    Persépolis, IranRegistre supérieur droit du panneau nord de l'escalier est. Procession royale

    Procession des nobles perses et mèdes :

    Persépolis, IranRegistre du milieu du panneau nord de l'escalier est (juste en dessous de la photo précédente) 

     

     

    Le panneau sud montre la réception de personnages provenant des nations assujetties :

    A gauche de l'escalier, sur trois registres superposés, les délégations des 23 peuples de l'empire sont représentées avec leurs habits traditionnels, apportant au roi des rois des présents typiques de leur région. Un arbre de vie stylisé sépare chaque ambassade, menée par un huissier tantôt perse, avec une coiffe cannelée, tantôt mède, avec une calotte. Le nombre et les noms des nations incluses dans l'empire varient selon les documents achéménides, et l'identification des peuples est parfois incertaine.

    L'emplacement des délégations traduit généralement leur importance : les Mèdes et les Elamites sont figurés en tête, alors que les Lybiens et les Ethiopiens sont en queue du cortège.

     

    Persépolis, IranPorteurs de chaise royale (réparation d'époque à l'aide d'agrafes métalliques)

    Persépolis, IranL’un des panneaux représente la parade des Immortels formant la garde des lanciers de Darius.

    Persépolis, IranMèdes, 2 personnages (quatre autres ne sont pas sur cette photo) portant un bonnet-cagoule et une tunique courte suivent un Mède en costume traditionnel introduit par un Perse à l’extrême droite. Ils portent des vêtements, des bracelets ou torques, un glaive des pots et une amphore. Le vêtement de la délégation, différent de celui du Mède qui la conduit pourrait indiquer qu’il s’agit d’une tribu mède assujettie plus tardivement que celles qui firent allégeance au roi perse depuis l’origine.

    Persépolis, IranLa délégation arménienne offrant un cheval et un vase précieux à deux anses ornées de têtes de griffons

    Persépolis, IranDétail d'un membre de la délégation arménienne offrant un vase à deux anses

    Persépolis, IranDétail d´un relief de la délégation Lydienne apportant vases et coupes, les membres de la délégation portent des bonnets pointus plissés et des vêtements plissés.

    Persépolis, IranCiliciens ou Assyriens : provenant du sud de l’Asie Mineure, cette délégation offre deux béliers, des peaux, un vêtement, des coupes et des vases. Cette représentation est minutieusement ouvragée, et laisse apparaître le détail des vêtements (lacets, ceintures, coiffes).

    Persépolis, IranLes Scythes, aussi appelés Sakas, venues des bords de la mer Noire, cette satrapie s’étendait de l’Ukraine aux steppes nord-caucasiennes, jusqu’au nord de la Sogdiane. Ils sont reconnaissables à leurs bonnets pointus, ils étaient d'habiles cavaliers et forgerons. Seules quelques unes des nations vassales avaient le privilège, comme ici, de rester armées en présence du Roi des Rois achéménide. Les sujets sont coiffés d’un bonnet scythe typique. Ils amènent un cheval, des vêtements, et ce qui pourrait être des bracelets à fermoirs.

    Persépolis, IranIoniens à l'épaisse chevelure bouclée tenant des tissus et des coupes contenant peut-être des teintures.

    Persépolis, IranArachosiens (ou Aryens) : Les pantalons sont encore portés au Baluchistan. Un des sujets est vêtu d’une peau de félin. Les offrandes consistent en un chameau et des pots.

    Persépolis, IranLa délégation de la vallée de l'Indus conduite par un officiel perse. L'indus marquait la limite orientale de l'empire. C'est dans ses confluents qu'étaient recueillies les paillettes d'or que devaient contenir les flacons portés  dans ces paniers.

    Persépolis, IranSomalis ou Lybiens (origine controversée). La délégation est accompagnée d’un chariot tiré par deux chevaux précédés d’une antilope ou koudou (non visible sur cette photo).

    Persépolis, IranEthiopiens (ou Nubiens), les ambassadeurs sont introduits par un Mède. Ils apportent une coupe, une défense d’éléphant et un animal qui pourrait être un okapi ou une girafe.


    votre commentaire
  • Inscrit au patrimoine de l'Unesco en 1979

     

    Le Palais des 100 colonnes

    Aussi nommé salle du Trône, ce palais, le plus grand de Persépolis, forme un carré de 70 m de côté. Seules les bases des colonnes et les montants des portes ont survécu.

    Deux taureaux colossaux constituent les bases des colonnes principales de 18 m qui soutenaient le toit du portique de l’entrée, au nord du palais. L’entrée se faisait par une porte richement décorée de reliefs. Parmi ces représentations, l’une décrit l’ordre des choses, montrant de haut en bas : Ahuramazda, le roi sur son trône, puis plusieurs rangs de soldats le soutenant. Le roi tient donc son pouvoir d’Ahuramazda qui le protège, et commande l’armée qui porte son pouvoir.

    Le palais est décoré de nombreux reliefs en remarquable état de conservation, représentant des taureaux, des lions, des fleurs et des glands.

    La porte sud du palais présente un relief complètement différent. Il symbolise le soutien apporté au roi par les différentes nations composant l’empire. Les soldats des cinq rangs inférieurs appartiennent en effet à plusieurs nations, reconnaissables à leur coiffe, tenues, et armements. Tourné vers le Trésor, ce message s’adresse plutôt aux serviteurs et leur rappelle ce que les richesses transitant par cette porte servent à la cohésion de l’empire. Des tablettes cunéiformes détaillent les archives des tributs, donnant ainsi un aperçu des richesses ayant transité par ces portes.

    Si les reliefs des entrées nord et sud du palais concernent essentiellement l’affirmation de la royauté, ceux des parties est et ouest présentent comme pour d’autres palais, des scènes héroïques de combats du roi contre le mal.

     

    La garnison 

    Sur le versant est du complexe, entre le palais des 100 Colonnes et la montagne se trouvent de multiples salles formant les quartiers des serviteurs et des soldats, la chancellerie, et des bureaux.

    D’après Quinte-Curce et Diodore, Alexandre aurait laissé sur place 3 000 soldats, ce qui donne une idée des capacités de garnison de Persépolis. Au nord de ces baraquements, on trouve les restes d’une salle qui comportait trente-deux colonnes, dont la fonction n’est pas clairement connue.

     

    Persépolis, IranPersépolis, vue du Kuh-e Rahmat. 

    Persépolis, IranVue sur la garnison et sa salle des 32 colonnes en premier plan, du Palais des 100 colonnes en second plan et de l'Apadana (sous le hangar) en arrière plan.

    Persépolis, IranVue sur la garnison et sa salle des 32 colonnes en premier plan, du Palais des 100 colonnes en second plan

    Persépolis, IranLes vestiges du Palais des 100 colonnes

    Persépolis, IranPorte est du palais des cent colonnes menant à la garnison 

    Persépolis, IranVestiges du Palais des 100 colonnes

    Persépolis, IranTaureau vers le portique nord.

    Persépolis, IranCorniche de style pharaonique égyptien

    Persépolis, IranRelief sud du Palais des 100 colonnes

    Persépolis, IranLe roi tient son pouvoir d’Ahuramazda qui le protège.

    Persépolis, IranRangs de soldats soutenant le roi qui commande l’armée qui porte son pouvoir.

    Persépolis, Iran

    Persépolis, Iran

    Persépolis, IranLa Garde des immortels 

    Les Mélophores, du grec ancien οἱ μηλοφόροι littéralement « les porteurs de pommes », également appelés les Immortels sont un groupe de 10 000 combattants qui constituaient la garde personnelle des empereurs perses. Ce « corps d'élite » imaginé par Cyrus Le Grand, puis réinventé par Darius Ier, est notamment présent dans l'armée que lève Xerxès pour attaquer les cités de la ligue ionienne (alors sous domination perse) qui formeront plus tard la Grèce, lors de la seconde guerre médique en 480 av. J.-C..

     


    votre commentaire


    Suivre le flux RSS des articles de cette rubrique
    Suivre le flux RSS des commentaires de cette rubrique